Seth Gueko – Titi Parisien 2

Dans Titi Parisien 2, Seth Gueko ne tourne pas un clip : il déclenche une alarme dans le ventre de Paris.
Le décor n’est pas un simple fond visuel, c’est un acteur. Les murs tagués observent. Le bitume brille comme une arme froide. Les néons tremblent comme s’ils reconnaissaient une vieille légende qui revient hanter les rues.
Le clip fonctionne comme un cortège : Seth Gueko marche devant, les autres rappeurs suivent comme des silhouettes sorties d’un roman noir. Jarod apporte la tension, Davodka l’ombre, Hayce Lemsi la vitesse, MC Jean Gab’1 la mémoire rugueuse. On dirait une bande de totems urbains réunis pour rappeler que Paris n’appartient pas aux vitrines — mais à ceux qui connaissent ses failles.
La caméra ne cherche pas la beauté : elle cherche la vérité.
Elle filme les angles, les ruelles, les visages fatigués mais fiers, les lieux qu’on traverse vite mais qu’on n’oublie jamais.
Seth Gueko ne joue pas le rôle du “titi” : il le réactive. Sa gestuelle, sa voix, ses punchlines : tout respire cette gouaille indomptable qui refuse de mourir, même sous les couches de modernité aseptisée.
Titi Parisien 2 n’est pas un clip hommage.
C’est un rappel à l’ordre : Paname, la vraie, existe encore.
Elle a des cicatrices, des rires nerveux, des poches trouées — et une fierté qu’aucun gentrifieur ne peut effacer.
Seth Gueko ne signe pas un visuel.
Il signe un territoire.

